შვეიცარული გაზეთი ''LE TEMPS'' საქართველოს საგარეო საქმეთა მინისტრის, თამარ ბერუჩაშვილის ინტერვიუს აქვეყნებს
 
L'entretien de Madame Tamar Beruchashvili, Ministre des Affaires étrangères de Géorgie au quotidien suisse "Le Temps''.
GÉORGIE Samedi 06 décembre 2014 «L'Ukraine n'est pas le seul pays menacé par la Russie» Boris Mabillard La nouvelle cheffe de la diplomatie géorgienne rappelle que deux territoires géorgiens, l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, sont de facto sous la tutelle du Kremlin.
La nouvelle ministre géorgienne des Affaires étrangères, Tamar Beruchashvili, en poste depuis le 11 novembre dernier, a fait sa première grande sortie à Bâle pour le sommet de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Elle a saisi cette occasion pour s'entretenir en marge des grandes réunions avec certains de ses homologues, notamment avec John Kerry, à qui elle a dit son inquiétude face à la politique russe vis-à-vis de la Géorgie. Jointe par téléphone, elle a expliqué au Temps que l'hégémonie du Kremlin n'a pas commencé avec la crise ukrainienne mais bien avant, avec l'annexion de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud par la Russie.
Le Temps: L'OSCE peut-elle être efficace pour résoudre la crise ukrainienne?
Tamar Beruchash­vili: L'organisation prend ses décisions par consensus. En conséquence, un Etat membre peut bloquer un accord. On l'a vu avec la Russie qui s'oppose a des mesures fortes pour régler le conflit en Ukraine. A bien des égards, l'OSCE est paralysée par son mode de fonctionnement, mais elle reste un outil essentiel pour promouvoir le dialogue.
- L'OSCE et son président actuel, le Suisse Didier Burkhalter, auraient-ils dû aller plus loin pour imposer une solution politique en Ukraine?
- Ce qui a été fait est déjà très important. Des pistes ont été explorées pour trouver un accord de paix, notamment à travers les négociations de Minsk. Mais il était impossible de faire plus car Moscou, acteur de cette crise, poursuit ses efforts pour déstabiliser la région. L'Ukraine n'est pas le seul pays menacé. Un accord de défense conclu il y a deux semaines entre les autorités séparatistes d'Abkhazie et Moscou met de facto cette région de Géorgie sous tutelle russe. Il s'agit d'une annexion déguisée. Et on n'a pas eu de réaction assez forte de part de l'Europe.
- Les situations en Ukraine et en Géorgie sont-elles comparables?
- Si, après la guerre d'août 2008 à l'issue de laquelle les troupes russes ont occupé l'Ossétie du Sud, nos partenaires européens et américains avaient montré plus de fermeté envers la Russie, par exemple en décidant de sanctions, Vladimir Poutine aurait peut-être agi différemment en Ukraine. Ce qu'il faut comprendre, c'est que ce qui a commencé en Géorgie et s'est poursuivi en Ukraine pourrait se reproduire ailleurs, car le président russe veut restaurer le vieil empire.
- La nomination d'un Géorgien au Ministère ukrainien de la santé n'est-elle pas une provocation envers Moscou?
- La nouvelle Ukraine est notre alliée et son président Petro Porochenko a la liberté de choisir qui il veut pour former un gouvernement. Mais pour ce qui est du ministre concerné, Alexandre Kvitachvili, il n'a rien fait dont je me souvienne alors qu'il était dans le gouvernement géorgien.
- Faudrait-il reformer l'OSCE?
- Des discussions sont en cours, des changements auront lieu. Ils ne concerneront pas radicalement le mode de fonctionnement, mais plutôt des aspects techniques.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/7532b45e-7cb5-11e4-a4b4-65a0dc79857a/LUkraine_nest_pas_le_seul_pays_menac%C3%A9_par_la_Russie